Dysorthographie

Aspects théoriques

Dans la peau d’un enfant dysorthographique

Puisque la dysorthographie est proche – dans un certain sens – de la dyslexie, je vous propose de retourner aux épreuves proposées par Dix sur Dys pour se mettre dans la peau d’un dyslexique. Cependant, cette fois-ci, je ne vous demande pas de lire le plus vite possible mais d’écrire le plus vite possible… Pour la première épreuve, c’est votre patron qui vous dicte au téléphone les noms et vous devez les écrire rapidement. Pour la seconde, l’institutrice efface le tableau et vous demande de redonner 4 noms de personnages. Pour la troisième et quatrième épreuve, vous devez recopier les textes.

Définition

La dysorthographie est un trouble lié à l’orthographe et la rédaction. Il s’apparente généralement à la dyslexie (2/3 des cas accompagnent la dyslexie) mais ne concerne que l’aspect rédactionnel, grammatical, orthographique ainsi que la conjugaison. Le problème ici n’est plus la reconnaissance des lettres mais bien l’assimilation des règles orthographiques. Les enfants dysorthographiques vont écrire « en phonétique », comme ils entendent le mot. Ils n’ont aucune mémoire de la manière dont tel ou tel mot doit être écrit. Et si on leur dit, ils l’auront très vite oublié.

Tout comme dans la dyslexie, nous notons trois formes de dysorthographies : la dysorthographie de surface, la dysorthographie phonologique et la dysorthographie mixte.

  • La dysorthographie de surface : conversion phonème-graphème pour écrire les mots sans atteindre la maîtrise du stade orthographique. Pseudo-mots lors des dictées, alors qu’il est en difficulté pour l’orthographe des mots irréguliers. Ses erreurs sont phonologiquement plausibles et vont dans le sens d’une régularisation de l’orthographe.
  • La dysorthographie phonologique : voie phonologique non utilisée et stade alphabétique non acquis pour écrire les mots. Il peut orthographier des mots réguliers et irréguliers, mais éprouve des difficultés à écrire des pseudo-mots et des graphèmes isolés. Faiblesse dans la mémoire de travail.
  • Ces deux types de dysorthographie sont assez rares. La plupart des dysorthographiques présentent une dysorthographie mixte avec des déficits sévères à la fois dans les procédures d’assemblage et dans les procédures d’adressage.

Symptômes :

  • écriture lente et mauvaise
  • ne suit pas les lignes
  • taille des lettres différentes
  • ne trace pas correctement
  • est brouillon et n’est pas soigné
  • erreurs orthographiques même lors du recopiage tableau-feuille ou feuille-feuille
  • fusion des mots (sebattre pour se battre)
  • oubli de lettres
  • inversion de lettres
  • confondre les lettres proches (p/b, m/n, …)
  • découpage incorrect du mot (lent de main)
  • difficulté à écrire des sons complexes
  • difficulté à retranscrire des sons ressemblants (cosson, sat)
  • confond homophones
  • nature des mots incomprise (ils les manges)
  • pense avoir retenu des règles mais les applique mal (esthétique –> hestétique)
  • aucun respect des règles de ponctuation

Origine

Tout comme la dyslexie, l’origine de la dysorthographie serait d’ordre neurobiologique. On entend des personnes clamer que la dysorthographie est due à une méthode de lecture globale. Premièrement, la lecture globale a prouvé son efficacité lorsqu’elle était correctement utilisée, on ne peut donc pas remettre la faute sur une méthode de lecture. De plus, on peut éventuellement dire qu’une méthode de lecture va influer sur l’orthographe des enfants mais ce n’est pas ça qui va provoquer un trouble dysorthographique. Le trouble est dû à un problème neurologique tandis que la méthode de lecture peut éventuellement entraîner des difficultés en orthographe selon la manière de l’aborder et selon l’enfant à qui on l’enseigne.

Outils et pistes pédagogiques

La méthode des alphas

Devenue célèbre et appréciée de nombreux enseignants, la « Planète des alphas » propose une méthode de lecture visuelle et ludique. Les petites histoires liées donnent un sens et permettent de mémoriser plus facilement les lettres et phonèmes lors de l’apprentissage de la lecture.

L’orthographe illustrée

(Marie-Pierre De Partz, Sylviane Valdois, et Xavier Seron)

Je vous la proposais pour la dyslexie, elle est d’autant plus utile dans le cas de la dysorthographie. Si vous cherchez sur internet, vous trouverez de nombreuses images d’orthographe illustrée. C’est une méthode visuelle pour retenir les irrégularités de mots à l’écrit.

Téléchargez ici l’Orthographe Illustrée

Il existe également un jeu pour différencier les homophones que vous pouvez acheter ici.

Outils d’aide

Une bonne solution serait de permettre à l’enfant d’utiliser un aide-mémoire, un dictionnaire, un correcteur orthographique, … Il pourrait, au fur et à mesure des années, se créer (avec un(e) logopède, un(e) enseignant(e), ses parents) un répertoire de règles, de mots et de phrases correctement orthographiés. Cet outil l’accompagnera à chaque exercice de rédaction.


Aller à la barre d’outils