Dysgraphie & dyspraxie

J’ai décidé de rassembler ces deux troubles parce que beaucoup d’outils proposés pour la dysgraphie conviennent pour la dyspraxie. En effet, la dysgraphie est un des symptômes de la dyspraxie (mais l’inverse n’est évidemment pas vrai).

Aspects théoriques

Dans la peau d’un enfant …

dysgraphique

Recopiez ce texte de la main gauche si vous êtes droitier, et de la main droite si vous êtes gaucher.

Une perspective heureuse.

         La neige tombée en abondance en a réjoui plus d’un.

         Les loueurs de skis, par exemple, qui désespéraient déjà, se frottent les mains.

         Les skis et les raquettes rangés impeccablement attendaient sagement d’être ressortis.

         Ces engins que des vacanciers avaient utilisés l’hiver passé resteraient-ils dans la remise ?

         En une journée, les espoirs étaient comblés et les doutes oubliés.

         Voici que s’élançaient les amoureux de l’or blanc. Celui-ci représentait le bonheur total pour les gens de l’est de notre pays.

         Et que dire des enfants sur leur luge rentrant le soir les joues rougies par la bise et comblés, eux aussi !

(Dictée du Balfroid du 23 février 2016 à Erpent)

Voilà à quoi est confronté un dysgraphique à chaque fois qu’il doit écrire, quelle que soit la main qu’il utilise.

Voici la feuille d’un enfant dysgraphique :

Vous trouverez ici différents exemples classés selon leurs caractéristiques.

dyspraxique

Je vous propose une petite activité physique : Vous êtes debout ou assis. Mettez votre main droite sur votre ventre. Placez ensuite votre main gauche sur votre tête. Simultanément, vous allez tourner votre main droite sur votre ventre et taper avec votre main gauche sur votre tête. Vous ferez donc un mouvement circulaire sur votre ventre (main droite) et un mouvement vertical sur votre tête (main gauche). Dit comme ça, ça a l’air simple, mais essayez et vous verrez que ce n’est pas du tout évident, ni naturel pour nous. Ça demande beaucoup de concentration et même si vous y arrivez plus fluidement, n’importe quelle distraction vous obligera à tout recommencer. Un autre exercice du même genre est de mettre ses 2 poings face à face devant nous puis d’en tourner un dans le sens horloger et l’autre, dans le sens inverse.

Ces exercices vous demandent beaucoup de concentration. Et bien, les dyspraxiques doivent se concentrer de la même manière simplement pour lever le bras et mettre un pied de côté, tandis que pour nous c’est automatisé.

Définitions

Dysgraphie

« L’écriture est un geste complexe. C’est une activité motrice fixe, complexe, qui se construit dans la durée.

La dysgraphie est un trouble durable et persistant dans l’acquisition ou l’exécution de l’écriture. C’est un trouble fonctionnel.

Le dysgraphique est handicapé par l’inefficacité de son geste.

* Geste souvent lent qu’il est impossible d’accélérer

* Ecriture illisible

* Production peu soignée.

Le dysgraphique n’est pas capable d’accélérer son geste d’écriture. Si on le force à accélérer, ses productions deviennent illisibles, son écriture devient chaotique, désordonnée. Je pourrai écrire, que ses productions deviennent encore plus illisibles lorsqu’il se sent pressé par le temps. »

Cette définition est extraite du dossier « Dysgraphie et compensation » de Valérie Duband mis en ligne sur le site « dysmoi.fr » et téléchargeable ici. Je vous invite bien entendu à le consulter pour de plus amples informations.

Il existe différentes sortes de dysgraphies :

Dysgraphie impulsive : la rapidité fait perdre toute structure à l’écriture qui se retrouve souvent illisible, imprécise, filiforme, saccadée ou molle. L’écriture est sans souci de qualité. Les impulsifs, comme emportés par leur élan, ne peuvent se contrôler ou ne le cherchent pas .

Dysgraphie raide : la caractéristique de ce type d’écriture est la tension qui se traduit sur le plan graphique par une crispation générale de l’ensemble du tracé.

Dysgraphie molle : elle se traduit par une très grande irrégularité du tracé dans un contexte de relâchement et de négligence, au détriment du contrôle.

Dysgraphie maladroite : difficulté de reproduction du modèle calligraphique. Les formes sont lourdes, mal proportionnées et retouchées. La page est mal organisée donnant un aspect de désordre et de confusion.

Dysgraphie lente et précise : la recherche de contrôle, de précision et de structure nuit à la souplesse de l’écriture et fatigue le scripteur.

Source : http://www.graphotherapeute-savoie.fr/dysgraphie/

Voici une vidéo explicative :

Dyspraxie

Selon Michèle Mazeau, la dyspraxie est un trouble de la programmation gestuelle qui provoque des difficultés à effectuer des mouvements coordonnés. « Les gestes sont un ensemble de mouvements (couplages sensori-moteurs), coordonnés dans le temps et l’espace dans l’intention de réaliser une action finalisée. On parle de dyspraxie lorsque ces couplages et/ou coordinations ne se mettent pas en place dans les délais habituels et/ou d’une façon déficitaire, anormale, inefficace et ce, en l’absence d’une déficience mentale et/ou trouble psychiatrique » (Mazeau et Lostec, 2010)

Il existe plusieurs formes de dyspraxies :

  • « La dyspraxie constructive : Difficultés à assembler (legos, cubes, bricolage, puzzles…)
  • La dyspraxie visuo-spatiale (trouble dans l’organisation du geste + trouble du regard) : Difficultés à descendre des escaliers, se repérer dans un lieu, dans un texte, sur une feuille, sur un plan…
  • La dyspraxie idéatoire : Difficultés à utiliser et manipuler des objets et des outils (stylo, compas, couteau,…).
  • La dyspraxie idéomotrice : Difficultés à mimer, imiter des gestes.
  • La dyspraxie de l’habillage : Difficultés à s’habiller à l’endroit, boutonner, lacer…
  • La dyspraxie oro-faciale : Difficultés à articuler, parler, siffler, souffler les bougies, déglutir… »

Source : http://dyspraxies.fr/index.php/les-dyspraxies/5-quels-sont-les-differents-types-de-dyspraxie

Voici une vidéo explicative :

Dyspraxie from adrien honnons on Vimeo.

 

Symptômes

Dysgraphie

« Ce trouble se traduit essentiellement par :

  • des problèmes dans le tracé des lettres, qui sont mal formées (les courbes sont mal faites et les lignes ne sont pas droites) et de taille inégale ;
  • des espaces entre les mots qui ne sont pas respectés.

En raison de ces difficultés :

  • le patient a des difficultés à se faire comprendre par écrit (il est difficilement lisible) ;
  • l’écriture est lente ;
  • écrire est fatigant voire douloureux ;
  • réaliser une tâche supplémentaire est impossible car l’écriture demande à elle seule trop d’efforts ;
  • la personne va de moins en moins écrire. » (Ooreka)

Dyspraxie

(Gillet, 2015)

  • Maladresse, difficulté à exécuter des mouvements volontaires et coor-donnés : s’habiller, se nourrir, courir, assembler un puzzle, recopier un dessin, reproduire précisément une figure géométrique.
  • Troubles orthophoniques (pseudo-dyslexie entrainée par la dyspraxie), difficultés du langage écrit.
  • Difficultés à poser des opérations en colonnes, à appréhender les faits mathématiques, problèmes de séquences, difficulté à se positionner dans le temps ou à dénombrer une collection (dyscalculie spatiale).
  • Lors d’activités musicales, les gestes ne sont pas correctement reproduits et l’enfant ne parvient pas à suivre correctement le rythme d’une chanson.
  • Incapacité à rester assis sur sa chaise, surtout en fin de journée.
  • Problèmes de structuration pour passer de la position verticale du tableau à la position horizontale de la feuille.
  • Lecture lente, oubli de mots, lignes, phrases, pas de ponctuation (en lecture et écriture). (dyspraxie visuo-spatiale).
  • Pour la compréhension d’un texte ou de consignes, l’enfant ne sait pas chercher l’information pertinente du fait d’une impossibilité à se représenter la structure du texte.
  • Mauvaise orthographe, même en recopiant du tableau.
  • En éducation physique, difficultés à apprendre de nouveaux jeux, à suivre le rythme des autres élèves ainsi qu’à viser une cible.
  • Cartable ou bureau en désordre, aucune organisation, perte courante du matériel + troubles de l’attention.
  • La dysgraphie est considérée par certains auteurs comme l’un des symptômes de la dyspraxie. En effet, si le dyspraxique a du mal à coordonner ses mouvements, on peut facilement imaginer à quel point la psychomotricité fine peut être difficile.

Origine

Les causes probables de la dysgraphie

  • Défaut de maturité au moment de l’apprentissage,
  • Mauvaise perception du schéma corporel,
  • Problèmes de latéralité non ou mal résolus,
  • Mauvaise tenue de l’instrument, et une position inadéquate,
  • Difficultés autres, comme la dyslexie, les troubles du langage, la dysorthographie, l’hyperactivité ou la précocité.

Les causes probables de la dyspraxie :

Les formes de dyspraxie sont variées. Certaines sont liées à des accidents à la naissance ou à un trouble développemental atteignant les zones du cerveau impliquées dans l’apprentissage.

Outils et pistes pédagogiques

Nouveau site du Cartable Fantastique

A CONSULTER ABSOLUMENT, il est extrêmement complet et s’adapte à tout public, je vous le conseille vivement ! Cliquez ici pour y accéder.

Adapter les feuilles

Le logiciel « PAPERPORT » (payant) vous permettra de modifier, aérer, simplifier, surligner, ajuster, … vos feuilles d’exercices – même en version non électronique. A partir de votre document, placé sur la vitre du scanner, le logiciel permet de travailler directement sur votre écran d’ordinateur, par l’intermédiaire d’une barre d’outils permettant :

  • D’effacer certaines informations parasites, d’agrandir une zone.
  • De colorer des parties de textes ou exercices pour différencier.
  • De surligner des lignes du texte pour faciliter la lecture.
  • De relier des informations sans utiliser de latte.
  • D’imprimer un travail propre et valorisant pour l’enfant.
  • Surligner une ligne sur deux dans un texte (ou permettre à l’enfant d’utiliser une règle de lecture. Téléchargez ici la règle de lecture portrait et la règle de lecture paysage).

La méthode de couleurs

Cliquez ici pour générer vos propres feuilles de calligraphie avec la méthode de couleur.

Voici la feuille que j’ai créée : cliquez ici pour la télécharger

Personnellement, je trouvais les dimensions de base trop petites. J’ai donc choisi celles-ci :

Utilisation d’un ordinateur

Vous l’avez sans doute déjà entendu, l’utilisation d’un ordinateur adapté est fortement recommandée pour les enfants dyspraxiques. Cliquez ici pour visionner la vidéo explicative d’une direction ayant mis en place cet outil pour un élève en intégration. Une étude a également été réalisée sur le sujet ; vous pouvez la consulter ici.

Les logiciels adaptés

Toutenclic

ToutEnClic est un outil destiné à permettre à un enfant handicapé moteur capable d’utiliser une souris, de réaliser les mêmes exercices que ses camarades

Il permet de :

– Tirer un trait.

– Écrire à main levée.

– Tracer un pointeur.

– Dessiner une ellipse vide ou pleine.

– Dessiner un rectangle vide ou plein.

– Gommer.

– Sélectionner une zone et la recopier à un autre endroit.

– Découper une zone et la recopier à un autre endroit.

– Insérer une image externe dans une zone délimitée (la taille de l’image est alors adaptée à la taille de la zone tout en conservant ses proportions initiales).

– Utiliser une règle, un rapporteur, une équerre et un compas (les quatre outils peuvent être présents en même temps sur le même document, sont orientables en tous sens et laissent voir le document en transparence).

(http://www.lereveil.info/2014/12/toutenclic-un-logiciel-pour-gommer-les-differences.html?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_share_auto)

Logiciel Géogébra (GRATUIT)

« Ce logiciel s’adresse clairement aux élèves ou étudiants en mathématiques (ou à leurs professeurs) qui souhaitent mettre en application les principes de base de la construction géométrique. Ce logiciel permet en effet de construire des figures mathématiques grâce aux règles de base de la géométrie.

À partir d’éléments basiques (point, droite, segment, vecteur, section conique…) et en appliquant des règles élémentaires (parallèle à, perpendiculaire à, passant par, milieu, médiatrice, bissectrice, tangente, translation, homothétie…) on définit la structure géométrique aussi simplement qu’avec un papier et un crayon. Les possibilités offertes sont nombreuses ; l’outil est suffisant pour réaliser n’importe quelle construction jusqu’au lycée (et certainement après).

Un objet géométrique peut aussi être défini par sa fonction mathématique, le logiciel supportant les fonctions de base, mais aussi les dérivées, intégrales et polynomiales de Taylor. » (http://www.clubic.com/telecharger-fiche14087-geogebra.html)

Vous pouvez le télécharger gratuitement sur Clubic, 01net ou sur Comment ça marche.

Trousse Géotracé

« La trousse Géo tracé a été développée par l’INS HEA dans le cadre de l’évaluation nationale de mathématiques pour des élèves présentant un déficit moteur ou praxique. Elle se compose d’une règle, d’un rapporteur, d’une équerre, d’un compas et d’un crayon. L’élève peut ainsi tracer, mesurer à l’aide de sa souris. »


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